Association Républicaine Poulain-Corbion

Association Républicaine Poulain-Corbion

Après l'Assemblée Générale du 28 Février 2015

Association Républicaine Poulain-Corbion

 

Après l'Assemblée Générale du 28 Février 2015

 

Présents : Roger Bertho, Jeannick Colcanap-Bertho, Marylène Chenet, Philippe Chupin, Bruno Corson, Pierre Crolais,Robert Gernigon, Stéphane Knapp, Jean-Pierre Grall, Mathieu Hamon, Marcel Hellio, Reine Larvor, René Lebouvier, Edouard Le Moigne, Yvonne Le Moigne, Yvette Leroux, Daniel Morel, Serge Monmousseau, Guy Pitois, Catherine Quintin, Auguste Robin, Annick Vieuxloup-Le Grand.

 

L'AG s'est déroulée sous la présidence de Marylène Chenet.

 

 

Le Maire était représenté par Christian Daniel Maire-Adjoint à la Culture, au Patrimoine et à la Vie sociale et par Jonathan Gainche Conseiller Municipal délégué.

 

                                                  150228 AG ARPC Bureau.png

 

 

 

Un hommage a été rendu à Jeannette Le Mée, récemment décédée, adhérente de l'Association depuis la première heure. A été également rappelé le décès d'André Le Méhauté et souligné le soutien qu'il a apporté à l'Association, notamment à l'occasion de l'exposition consacrée en 2009 au Monument Poulain-Corbion et aux autres réalisations du sculpteur Pierre Ogé.

 

Sont alors évoquées les activités de l'année écoulée, marquée notamment par la conférence « St-Brieuc au temps de Pradal et Baratoux » prononcée le 16 mai 2014 par Annick Vieuxloup-Legrand et par le rassemblement-anniversaire du samedi 25 octobre où nous étions assisté de Annick Audoux Présidente de la Ligue des Droits de l'Homme et par Claude Bouveret de l'Association Républicaine des Anciens Combattants. La lecture de textes historiques a été appréciée : Extrait du cahier de doléances de St-Brieuc (par Quentin Renault), Lettre d'un petit-fils de Poulain-Corbion relatant l'attaque des Chouans (par Bruno Corson descendant du Commissaire du Directoire), Loi du 11 octobre 1941 signée du Maréchal Pétain ordonnant l'enlèvement de monuments en bronze au profit de l'armée allemande (par Kévin Magi). L'nlèvement a suscité à l'époque la réprobation des Briochins.

La mise en place par la municipalité d'ateliers culturels a vu la participation, pour notre association, d'Annick Vieuxloup-Le Grand.

 

L'état du projet de reconstruction du Monument Poulain-Corbion, enlevé pour être fondu en 1942 a fait l'objet d'une longue discussion,marquée par de très nombreuses interventions et par l'attention soutenue des participants ainsi que des représentants de la Municipalité.

 

Il a d'abord été rappelé que dans de nombreuses villes de l'ouest, les monuments fondus sous l'Occupation ont été refaits : Monument Leperdit à Rennes, statue équestre du Général Lariboisière à Fougères, Buste Armand Dayot à Paimpol, Buste Charles Baratoux à Saint-Brieuc.

 

Il est regrettable que malgré les engagements pris par différents maires de Saint-Brieuc la reconstruction ait été différée. En 1942 la Municipalité de l'époque fit prendre des photographies par le professionnel Delaunay, sous contrôle de la Kommandantur, qui sont à cette fin conservées depuis cette date aux Archives Municipales. Il en fut de même du socle de granit sculpté par Jean Hue. Il fut démonté et conservé sur un terrain des services techniques , rue des Merles. C'est lors de la construction de l'actuelle école publique sur cet emplacement que le monument a définitivement disparu dans la décharge de la grève de Cesson (23 ha et parfois 7m d'épaisseur de gravats). Après la Libération, Antoine Mazier donna à Pierre Le Mée l'assurance que le monument serait reconstruit. En fait seule une plaque apposée sur le mur de la Cathédrale rappelle la mort héroïque de l'ancien Maire, et Député de Saint-Brieuc.

 

Il faut attendre 2009 et l'élection de Bruno Joncour à la Mairie pour que le projet de reconstruction soit enfin mis à l'ordre du jour. Bernard Ogé, architecte à Paris et petit-fils du sculpteur écrit une lettre de soutien au Maire, soulignant que les techniques actuelles permettent de reproduire, à partir des photographies existantes, la sculpture originelle. Le Lycée Professionnel de Quintin se félicite de la proposition de réaliser le socle dans le cadre d'une opération pédagogique de formation au travail de la pierre.Les Bâtiments de France donnent leur accord pour son implantation au niveau de l'Hôtel de Ville.

Lors d'une entrevue accordée à une délégation de l'Association,Bruno Joncour convient que la Municipalité prendrait à sa charge « au moins la moitié du coût » qui s'élève selon les devis sollicités, à 97 000€ .Cet engagement est perçu par tous comme un encouragement, dont on comprendrait mal aujourd'hui qu'il soit passé sous silence. D'ailleurs, autre signe de la détermination commune, une plaquette est réalisée par les services de la Ville afin de soutenir les demandes de subventions des collectivités (Région, Département, Agglo), des sénateurs Kerdraon et Le Cam. Alain Cadec, député européen, contacte les services de Bruxelles et appuie notre demande d'aide auprès de la DRAC. Le recours au mécénat est également prévu.

 

Bref, l'affaire est bien engagée. Et c'est ainsi que le Conseil Régional vote une subvention de 8 000€ pour « ce beau projet » comme on peut le lire sous la signature du Président d'alors, Jean-Yves Le Drian. Mais lorsque Michel Lesage, Président de St-Brieuc-Agglomération , favorable lui aussi à la reconstruction du Monument, propose le vote d'une subvention, le représentant d' EELV (Europe Ecologie Les Verts) intervient pour faire retirer la mise au voix de cette subvention pour la raison qu'un livre vient de paraître, mettant en cause l'honnêteté de Poulain-Corbion, pendant son mandat de Maire (1779-1789) et surtout après la fin de son mandat de député (septembre 1791). Dans son livre « Qui a tué Poulain-Corbion ? » Jean Kergrist en effet, transposant le climat politique actuel marqué par des affaires se corruption, accuse Poulain-Corbion de s'être enrichi frauduleusement lors de la vente des biens nationaux qu'il effectuait, selon notre auteur, lui-même le « marteau de commissaire-priseur » à la main !

La démarche initiée quelques semaines auparavant s'arrête donc.

 

Le Griffon-Magazine publie une rubrique sous la signature des élus municipaux EELV et UDB, stigmatisant la prétendue malhonnêteté de l'ancien Maire et Député de Saint-Brieuc, devenu après son assassinat la figure emblématique des Droits de l'Homme et de la République à Saint-Brieuc.

Avec l'accord de Philippe Guéniffey, alors notre Maire-Adjoint référent, nous obtenons un droit de réponse dans ce même magazine, droit de réponse, sous la signature des membres du bureau symptomatiquement intitulé « L'ignorance n'est pas bonne conseillère » dans lequel nous contestons le bien-fondé des accusations.

 

Un rappel nécessaire et le concours des historiens

 

En tout état de cause, et pour étayer irréfutablement notre protestation, nous sollicitons le concours d'éminents historiens pour que lumière soit faite sur ce procès intenté plus de 200 ans après à une personnalité, dont les prétendues malversations auraient été ignorées ou tues par les nombreux chercheurs qui ont étudié l'histoire de Saint-Brieuc pendant la période révolutionnaire.

 

Et c'est ainsi que Bernard Bodinier Professeur à l'Université de Rouen, spécialiste de la vente des biens nationaux nous démontre que les accusations de Jean Kergrist sont sans fondement. Pour la bonne raison que la vente des biens nationaux, provenant des domaines de l'Eglise ou des Emigrés, relevait des attributions soit des administrations départementales, soit de celles des districts (actuels arrondissements), mais en aucun cas des communes. Et Poulain-Corbion, en tant que Commissaire du Directoire (le gouvernement central) auprès de la Municipalité, n'avait qu'une fonction municipale. Tout à son objectif de déstabiliser le projet de reconstruction il n'hésite pas à trahir la vérité en donnant au tribunal de commerce dont le juriste Poulain-Corbion était membre, la charge de la vente des biens nationaux. Mais le Professeur Bodinier est formel : les tribunaux de commerce n'avaient en aucune manière cette fonction. Les accusations de prévarication sont donc totalement infondées et révèlent que leur auteur n'a que peu de choses à voir avec la recherche historique.

 

C'est ce que confirme l'historien Alain Soubigou, professeur en Sorbonne, et qui initie ses étudiants non seulement à la préparation des concours (Agrégation et Doctorat) mais aussi à la pratique de la recherche historique. Dans un texte serré d'une bonne douzaine de pages, Alain Soubigou analyse les faiblesses du livre de Jean Kergrist : //associationrepublicainepoulaincorbion.blog4ever.com/analyse-du-livre-de-jean-kergrist-par-l-historien-alain-soubigou.

 

On n'en finirait pas de lister les carences d'un tel livre. Daniel Morel, rompu à la fréquentation des écrits des régionalistes et autonomistes bretons, fait remarquer l'anachronisme de la représentation en paysan du Chouan de 1799 en page de couverture du livre. Comme l'a étudié le Professeur Roger Dupuy (Université de Rennes), spécialiste de la Chouannerie, en 1799 ce ne sont plus des paysans qui combattent avec des fourches et des faux, mais des militaires recrutés et armés comme tels et constitutifs d'une armée de plus de 100 000 hommes appelée à se joindre à des troupes anglaises. Leur descente à Saint-Brieuc dans la nuit du 25-26 octobre a d'ailleurs pour but d'accaparer des armes, notamment des canons et de la poudre et aussi des chevaux pour renforcer une cavalerie indigente qui fait d'ailleurs leur faiblesse.

 

Bref c'est ce tissu de mensonges que des élus ont pris pour argent comptant.

 

L'Association, grâce au précieux concours des historiens, a permis de rétablir la vérité sous la forme d'une petite brochure « Qui veut de nouveau tuer Poulain-Corbion ? » signée d'Edouard Le Moigne, Jacques Chatillon, Quentin Renault et Kévin Magi.

 

Après le livre, un film docu-fiction avec le même intitulé « Qui a tué Poulain-Corbion ? » On s'étonne qu'une telle réalisation venant après un livre sans aucune valeur historique ait pu recevoir de plusieurs municipalités et de la Région de généreuses subventions. On est de même surpris que ce docu-fiction ait pu être projeté dans des établissements scolaires, théoriquement ouverts aux seules vérités reconnues, avec en soutien la présence d'élus de tous bords. Fallait-il en soutenant l'opération se gagner un électorat sensible aux causes régionalistes et antirépublicaines ?

 

Il est toutefois rappelé que l'antenne Histoire du Pôle Universitaire n'a pas donné son agrément, ni non plus l'Université du Temps Libre.

Le Conseil Général a également refusé de subventionner cette réalisation cinématographique ce qui conduit Jean Kergrist, dans un opuscule où notre pseudo historien endosse la cause des adversaires de la République :« Les Chouans, sujet tabou ? », à épingler, avec l'inélégance que lui dicte l'amertume, Charles Josselin, Vice-Président en charge de la Culture .

 

Aujourd'hui, où est le problème ? 

 

La brochure de l'Association « Qui veut de nouveau tuer Poulain-Corbion ? » n'a reçu aucun démenti, et pour cause. Personne ne peut plus soutenir les accusations de Jean Kergrist. Et nous voilà donc revenu au point de départ. Et il est ici opportun de rappeler qu'en séance publique du Conseil Municipal Bruno Joncour avait déclaré que le « partenariat constructif » avec l'ARPC n'était pas remis en cause.

 

Mais alors se demande la salle ; « Où est le problème ? » L'actualité de ces dernières semaines ne donne-t-elle pas les signes tangibles de l'attachement de nos concitoyens à la République et à ses valeurs dont Poulain-Corbion reste pour notre histoire locale la personnalité emblématique ?

 

Pour une souscription

 

Il y a incontestablement une nouvelle donnée, qui est la restriction budgétaire touchant la Municipalité et les autres collectivités. Une réalité qu'il faut bien prendre en compte.

 

En conséquence de cette situation, l'AG fait sienne la proposition déjà adoptée l'an passé d' une souscription publique qui permettrait de trouver le financement du nouveau monument. Tant Jean-Marc Toqué (Directeur de Cabinet) que Christian Daniel ont admis qu'il fallait, en sollicitant les services juridiques de la Ville, étudier le principe d'une structure adéquate qui aurait la faculté de lancer une souscription avec droit à défiscalisation des dons.

Bien entendu l'Association serait partie prenante dans cette collecte.

 

Christian Daniel a aussi avancé qu'il était également nécessaire d'honorer des personnalités importantes de l'histoire de la Ville. Et de citer, le Dr Rahuel, le Docteur Hansen, Antoine Mazier. Personne ne disconvient du bien-fondé de cette opération. D'autres personnalités pourraient aussi être proposées : Glais-Bizoin, Harel de la Noë, Louis Guilloux,...

 

Mais la réaction de la salle a été unanime : Poulain-Corbion est une personnalité bien plus marquante, du fait de ses fonctions de Maire pendant 10 ans, de Député aux Etats-Généraux et à l'Assemblée Constituante et il a été de ce fait un acteur de la Révolution française et à ce titre a joué un rôle éminent dans la mise en place de la France moderne et de la démocratie. Ajoutons qu'il n'est pas « mort dans son lit » mais tragiquement assassiné dans l'exercice de ses fonctions par ceux qui précisément lui reprochaient ses engagements et aspiraient au retour à l'Ancien régime. De surcroît il a été reconnu à ses mérites et à sa valeur par les Républicains de l'époque Pradal-Baratoux qui lui ont fait dresser un superbe Monument œuvre de l'éminent sculpteur briochin Pierre Ogé. Enfin, ce monument qui portait aussi les noms de 8 autres morts de l'incursion chouanne a été victime des foudres conjointes de Vichy et des Nazis pendant l'Occupation allemande, comme s'il fallait faire disparaître le seul emblème républicain de Saint-Brieuc. Une reconstruction a minima sous la forme d'un médaillon ou d'un buste serait perçu comme un désaveu, non seulement des engagements citoyens de Poulain-Corbion mais aussi de la reconnaissance que lui ont témoignée, au travers de la statue de Pierre Ogé, les Républicains de la fin du XIXème siècle. Et par là-même un renoncement à réparer l'outrage de Vichy collaborateur des Nazis en 1942. L'AG opte donc, sans équivoque, pour le projet initial d'un monument avec statue.

 

                                                           Couverture de la plaquette du dossier JPEG.jpg

 

A l'issue de cet échange, une résolution en 3 points a été votée à l'unanimité par l'Assemblée :

 

      1. Poulain-Corbion est sans contestation possible la figure prééminente de l'histoire de Saint-Brieuc ;

      2. La reconstruction du monument de 1889 détruit en 1942 procède d'un élémentaire devoir de réparation ;

      3. Le coût de l'opération doit être supporté par une souscription publique à l'initiative de la Municipalité maître d'ouvrage.

Christian Daniel a pris bonne note de cette résolution pour en référer à M. le Maire.

 

Le point financier

2014 : 80 adhérents à jour de leur cotisation.

Solde au 31/12/2013 : 1634,97€ Recettes  : 797,54€ Dépenses : 286,89€;

Solde au 31/12/2014 : 2145,62€

Il est rappelé que l'ARPC ne sollicite pas de subventions publiques.

Le quitus à la trésorière est voté à l'unanimité.

Le montant de la cotisation est maintenu à 8€ (soutien 10 et +). Unanimité.

 

La conférence du 27 mars dans la salle du Conseil de l'Hôtel de Ville organisée conjointement par laMunicipalité et l'ARPC sera animée par le Professeur Christian Bougeard (UBO Brest).



11/03/2015
2 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Ces blogs de Politique & Société pourraient vous intéresser

Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 12 autres membres