Association Républicaine Poulain-Corbion

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La destruction du monument en 1942

La destruction du monument.


Le monument Poulain-Corbion a été détruit pendant l’occupation, en 1942, pour en récupérer le bronze.  En fait, le régime de Vichy, comme dans d’autres circonstances encore plus dramatiques, est allé au-devant et au-delà des désirs des armées du Reich.

 

 Ainsi  la Loi du 11 octobre 1941 relative à l’enlèvement des statues et monuments métalliques en vue de la refonte.


  "Nous, Maréchal de France, Chef de l’Etat Français, le conseil des ministres entendu, décrétons :

 Article 1er. Il sera procédé à l’enlèvement des statues et monuments en alliage cuivreux sis dans les lieux publics et dans les lieux administratifs, qui ne présentent pas un intérêt artistique ou historique.

 Article 2. Une commission sera créée dans chaque département pour déterminer les statues et monuments qui devront être conservés, en raison de leur caractère artistique ou historique. Des arrêtés pris par le Secrétaire d’Etat à l’Education Nationale et à la Jeunesse fixeront la composition de ces commissions.

 Article 3. Les objets métalliques enlevés seront mis à la disposition du Secrétaire d’Etat à la Production Industrielle dans les conditions qu’il fixera en accord avec le Secrétaire d’Etat à l’Economie Nationale et aux Finances, afin de remettre les métaux constituants dans le circuit de la production industrielle ou agricole.

 Article 4. Le présent décret sera publié au Journal Officiel et exécuté comme loi de l’Etat.

 Fait à Vichy, le 11 octobre 1941 par Philippe PETAIN, Maréchal de France, Chef de l’Etat Français.Le Ministre, Secrétaire d’Etat à l’Economie Nationale et aux Finances, Yves BOUTHILLIER.Le Ministre, Secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Pierre PUCHEU.Le Secrétaire d’Etat à l’Education Nationale et à la Jeunesse, Jérôme CARCOPINO.Le Secrétaire d’Etat à la Production Industrielle, François LEHIDEUX."

 

 Le sacrifice des monuments publics au service de l’effort de guerre allemand.


 L’historienne France Debuisson qui a étudié les enlèvements de monuments métalliques dans les Côtes-du-Nord  rapporte ainsi l’événement :

 

" 1941. Il faut trouver des métaux non ferreux pour sulfater les vignes et approvisionner l’industrie, trouver du cuivre et de l’étain à tout prix. Ce sont « des mesures de salut public » selon l’amiral Darlan.


Elle précise toutefois avec pertinence :

« C’est aussi une bonne occasion de faire place nette, aussi bien politiquement qu’esthétiquement, de toutes les gloires plus ou moins contestables élevées sur des socles par la République ».

 

Son constat est amer mais sans équivoque :

« En fait de sulfatage, le bronze des statues part aussitôt pour Duisbourg en Allemagne comme « bronze-statues », puis plus discrètement comme « mitraille de vieux métaux destinés à la refonte ». Les vignes françaises n’ont donc jamais profité du sacrifice des monuments publics qui ont fini dans l’effort de guerre allemand (…) ». 




30/11/2011

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