Association Républicaine Poulain-Corbion

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Armand Dayot. Une vie au service des Arts et de la République

                                              

                Armand DAYOT

     Une grande figure de la scène artistique nationale et bretonne

 

En 1937, la municipalité de Paimpol décide d’ériger un monument à Armand Dayot (1851-1934). Un quai du port est aussi à son nom. Si ce buste est toujours présent derrière la mairie de la ville – il s’agit aujourd’hui d’une nouvelle version réalisée pour remplacer l’œuvre originale de l’artiste rennais Jean Boucher fondue pendant la Seconde Guerre mondiale – Paimpol et la Bretagne ont quelque peu oublié une figure qui acquit pourtant une importance historique considérable sous la Troisième République.

Inspecteur général des Beaux-Arts, fondateur de la revue l’Art et les Artistes

A la fin de sa vie, Armand Dayot est un homme célèbre, reconnu et estimé. Ecrivain, journaliste, critique d’art, il est surtout réputé pour ses ouvrages d’histoire et d’histoire de l’art, ainsi que pour son rôle dans l’administration des Beaux-Arts. Il devient en effet inspecteur général des Beaux-Arts dès 1881. Ses attributions sont diverses ; chargé de suivre l’avancement des commandes de l’Etat, de conseiller des achats à l’Administration, de répondre aux demandes de secours des artistes, etc., il devient une figure incontournable de la scène artistique à la fin du XIXe siècle. Il se voit également confier plusieurs missions à l’étranger et l’organisation de grandes expositions (notamment l’exposition centennale des Beaux-Arts en 1889, en marge de l’Exposition universelle, ou la section française de l’Exposition internationale de Munich en 1913). En 1905, il fonde L’Art et les Artistes, revue d’art qui domine le paysage éditorial de la presse artistique jusqu’en 1939. A travers ses différentes activités, il fréquente les artistes les plus célèbres de son temps : Auguste Rodin, Eugène Carrière, Albert Besnard, Whistler, Maurice Denis, Camille Claudel, Bourdelle, Claude Monet, entre autres.

Républicain attentif au sort des humbles

Travailleur infatigable, Armand Dayot est sur tous les fronts. Républicain convaincu, il n’oublie  pas les humbles. Ainsi en 1901,  sollicite-t-il son ami Auguste Rodin pour une tombola organisée en faveur des orphelins des pêcheurs d’Islande. Le sculpteur donne une œuvre, et réitère son geste en 1910, toujours à l’invitation de Dayot. L’inspecteur des Beaux-Arts est en effet sensible aux conditions de vie des Bretons. Membre d’une société de secours aux marins, il songe même à la création d’un « orphelinat de la mer ».

Breton de Paris

Si Armand Dayot construit sa carrière à Paris, il reste très attaché à sa terre natale, la Bretagne. Né en 1851 à Paimpol, il entre au séminaire de Tréguier puis au lycée de Saint-Brieuc, avant de se lancer dans de brèves études de médecine à la faculté de Rennes. Rapidement, ses ambitions le mènent à Toulouse, afin d’étudier le droit, puis à Paris.

L’inspecteur des Beaux-Arts n’oublie cependant pas son enfance paimpolaise et sa culture bretonne, comme en témoignent ses livres de souvenirs, Le Long des routes et L’Heureuse Traversée. Son ami Anatole Le Braz, lui écrit en 1919, à propos de leur pays natal : « les choses y ont gardé leur attitude de beauté, ce charme long, subtil, pénétrant qui n’est qu’à elles, et cette vertu d’envoûtement à laquelle nous redevenons sensibles, dès que nous retrouvons l’atmosphère bretonne ». Tout comme le célèbre écrivain, Armand Dayot ressent la souffrance de l’exil. Lors de son arrivée à Paris, il écrit « se blottir à l’ombre de la gare Montparnasse », pour être plus près de la Bretagne, et entretient très vite des rapports étroits avec plusieurs personnalités parmi lesquelles Ernest Renan ou Pierre Loti. En 1894, l’inspecteur des Beaux-Arts fonde l’association des Bretons de Paris puis, en 1899, la Ligue des Bleus de Bretagne, afin de promouvoir les idéaux républicains. Cette action passe par l’érection de monuments : au révolutionnaire briochin Poulain-Corbion (1889), au général Hoche à Quiberon (1902) ou à Ernest Renan (1903). Mais l’action d’Armand Dayot en faveur de la Bretagne ne s’arrête pas là. Il soutient toute sa vie la scène artistique bretonne. En 1895, il expose de jeunes artistes – Maxime Maufra, Ary Renan ou Pierre Ogé – et entretient des liens étroits avec Mathurin Méheut ou Jean Boucher. Ses amitiés « artistiques » lui permettent, en 1926, de convaincre de nombreux artistes de doter Morlaix d’œuvres en hommage à Gustave Geffroy, critique d’art originaire de cette ville et disparu quelques mois plus tôt.

Une personnalité attachante

La mort d’Armand Dayot, en 1934, ne laisse personne indifférent. La presse nationale relaie l’événement. La presse locale, elle, n’oublie pas de saluer cette grande figure bretonne, à laquelle le compositeur Théodore Botrel avait dédicacé « La Paimpolaise ». Les hommages affluent pour saluer sa mémoire : « C’était un vrai Breton par la pensée et par le cœur », écrit un journaliste en 1934, soulignant notamment l’attention qu’il prêtait à ses compatriotes : « C’était aussi une grande âme. Nul ne fut jamais plus accueillant que lui à tout ce qui venait de la Bretagne. Ses jeunes compatriotes, littérateurs ou artistes, étaient toujours certains de trouver l’appui de sa bienveillance et de ses conseils éclairés. Aussi, tous frappaient-ils à sa porte sans hésiter, sachant bien qu’elle s’ouvrirait devant eux, toute grande ».

 

                   Anne-Sophie Aguilar                                                                                                                                                                                       

                                                                               anso.ag@free.fr



28/01/2011

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