Association Républicaine Poulain-Corbion

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Vive la République ! : avant-propos et préface.

A PROPOS

DU REPUBLICAIN POULAIN-CORBION

 

par Claude SAUNIER

Sénateur Maire de Saint-Brieuc

 

 

En Histoire, la vérité des faits ne s'impose pas naturellement.  La science officielle peut connaître des errements, organiser des oublis, générer des falsifications.

 

La riposte, c'est l'Histoire vivante, celle qui met en lumière les zones d'ombre, celle qui ose de nouvelles thèses, celle qui ouvre le débat.

 

Celle aussi qui ancrée dans la réalité locale, apporte  sa contribution à la recherche historique par l'apport de nouveaux matériaux puisés aux sources des archives, ordonnancés et commentés avec rigueur.

 

            C'est à cette Histoire là que s'apparente le travail d'Edouard LE MOIGNE   consacré à l'un des grands hommes  méconnus de notre ville, POULAINCORBION.  Le sujet est glorieux, le style allègre, la lecture joyeuse.

 

Gardons nous cependant d'une approche trop rapide.  L'adresse de POULAIN-CORBION à ses « concitoyens briochins » nous pose quelques questions sérieuses qui renvoient autant au présent qu'au passé.

 

Les questions sont posées d'abord aux historiens qui, au travers de cet exemple, pourront s'interroger sur les mécanismes et la signification politique de l'oubli historique.

 

Elles sont aussi posées aux citoyens actuels de Saint-Brieuc qui pourront s'interroger sur leur ville.

 

A Saint Brieuc , il est de bon ton, aujourd'hui, de cultiver le consensus, sans doute nécessaire pour mobiliser les énergies sur de grands projets.  Mais l'Histoire nous rappelle que Saint-Brieuc fut d'abord ville de convictions et souvent de confrontations culturelles, sociales, politiques.  Cette capacité de débat est le signe d'une véritable culture démocratique locale, et demeure l'arme la plus efficace contre l'enlisement dans la pensée unique.

 

POULAIN-CORBION nous lance aussi quelques fortes questions sur la République, toujours à redéfinir et à consolider.

 

Certes, on ne peut aujourd'hui apporter à la question républicaine les réponses que le contexte de la révolution naissante imposait.

La France n'est plus en guerre contre l'Europe de la tyrannie.  Elle a su construire, par l'Europe, précisément, un espace et une ère de paix dont il faut savoir mesurer le prix, même si cette Europe est trop souvent, voire uniquement, celle des financiers et des marchands.

 

La France, en deux siècles, a renforcé sa cohésion politique et territoriale.  L'immense majorité de nos concitoyens adhère solidement aux principes du pacte républicain au delà des tentations communautaristes .

 

La France a su mettre en oeuvre une pratique originale et féconde de la liberté de conscience fondée sur un principe simple de laïcité : la séparation des référence collectives et des choix individuels.

 

POULAIN-CORBION n'apporterait donc sans doute pas les mêmes réponses que celles que lui dictaient les circonstances.  Mais ses questions sur la République demeurent pertinentes.

 

LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE:

 

A l'heure où s'ouvre un siècle nouveau, les valeurs de la République peuvent encore inspirer notre nation.

 

 

Claude SAUNIER

 

 

 

                                                                                        

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                       Préface

Pour Marianne

 

Cette brochure écrite par Edouard Le Moigne d'une plume alerte et agréable à lire n'a pas seulement un intérêt littéraire. Elle retrace une page d'histoire méconnue qui éclaire d'un jour véritable et lumineux ce que fut la Révolution française.

 

La Nation française fut constituée par un effort volontaire et gigantesque des différentes populations des provinces de l'Ancien régime. La convocation des Etats généraux par Louis XVI avait pour objet initial la levée d'un nouvel impôt pour suppléer au déficit de la caisse du trésor royal.

 

Ils se terminèrent par la Grande Révolution selon Kropotkine. Les revendications communes à la quasi-totalité des cahiers de doléances  réclamaient une langue commune pour tous pour se comprendre et des poids et mesures identiques dans tout le royaume pour faciliter le commerce.

 

Pour entrer dans la modernité, il fallait à tous les instruments communs d'échanges culturels, politiques et économiques. Et pour cela, il était nécessaire de réduire à néant tout le fatras érigé par l'Ancien régime pour opposer les populations entre elles, empêchant la réalisation de leur unité, notamment en brisant la barrière des patois et des idiomes.

 

L'Union pour la Nation

 

Ce n'est donc nullement forcés et contraints que les Bretons fusionnèrent avec les Parisiens, les Basques, les Provençaux  et ceux du Nord. C'est pour l'établissement de la véritable démocratie qu'ils constituèrent ensemble, de manière enthousiaste, la Nation puis la République. Le Français devint la langue de tous, car c'était la langue des philosophes des Lumières.

 

Contrairement aux mensonges savamment distillés par les laudateurs zélés de l'éclatement de l'unité de la République, zélotes de l'Europe des régions et de Maastricht, la Révolution française fut un gigantesque mouvement populaire marquant à jamais notre histoire. La Fête de la Fédération en fut le témoignage éclatant.

 

Le récit de Poulain-Corbion membre du Club des Bretons puis des Jacobins est une réponse cinglante à ceux qui présentent Robespierre, Marat, Saint-Just comme des tyrans oppresseurs des "peuples de France". Et oui, ce furent les députés bretons qui furent à l'initiative du Club des Jacobins !

 

Ceux-ci ne furent pas des centralisateurs annihilant la diversité et la richesse de l'histoire. Ils furent les hommes qui permirent à tous de s'unir pour un idéal commun : la démocratie. C'est aux cris de "Vive la Nation !" que furent mises en déroute à Valmy les armées de la réaction cléricalo-monarchiste du vieux monde européen déjà coalisé contre cette

démocratie naissante qui enfanta la République une et indivisible.

 

Rappelons à tous les "révisionnistes" de l'histoire révolutionnaire de notre pays, que c'est dans la continuité de l'héritage et des principes du jacobinisme que fut votée la grande loi Goblet de 1886 qui affirmait l'existence et les pouvoirs des communes et des départements crées par la Révolution.

 

Il n'est donc guère étonnant que les partisans du régionalisme dislocateur de l'égalité des citoyens, soient aussi les chantres de la disparition des communes au profit de super-régions pour s'intégrer dans l'Europe Vaticane.

 

Et vint le temps de Marianne

 

Marianne est devenue le symbole de la République. La première mention de ce prénom célèbre pour désigner la République, et qui fit le tour du monde, est apparue en octobre 1792, à Puylaurens dans le Tarn, dans la chanson en occitan du chansonnier Guillaume Lavabre "La Garisou de Marianno" (la Guérison de Marianne).

 

Ce ne sont donc pas les "horribles centralisateurs jacobins et parisiens" qui trouvèrent le nom de la République, mais les Provençaux. Il est des rappels cruels pour les faussaires. Il devint le symbole de la modernité contre le vieux monde et son fatras de réaction et d'obscurantisme.

 

Il réapparut comme nom d'une société républicaine et secrète fondée sous la Restauration et qui continua d'agir sous le Second Empire. C'est dans la Révolution de 1848 que fut décidé le premier concours pour la sculpture du buste de Marianne. Il fut mis systématiquement dans les mairies en 1877 avec l'avènement de la majorité républicaine qui fit les grandes lois de liberté de la IIIe République.

 

Un hommage mérité et à renouveler

 

Contre tous ceux qui veulent faire tourner la roue de l'Histoire à l'envers, ce plaisant récit  d'Edouard Le Moigne remet les choses à leur juste place en rendant l'hommage nécessaire à Poulain-Corbion. Nous espérons qu'il sera un élément supplémentaire pour la réérection de sa statue à Saint-Brieuc.

 

Cela ne serait que justice pour le révolutionnaire républicain assassiné par la chouannerie qui n'a jamais désarmé, nostalgique de l'ordre ancien. Selon la célèbre définition des émigrés de l'Ancien-Régime : "Ils n'ont rien oublié, ni rien appris". Peut-être apprendront-ils quelque chose en parcourant ces pages.

 

                 Salut et fraternité à Poulain-Corbion !

 

Christian Eyschen

Secrétaire Général de la Libre Pensée

Président de la Fédération des Monuments Pacifistes, Républicains et Anticléricaux.



24/03/2010

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